Quand la greffe pose question

Depuis 30 ans, il reçoit les patients, assure leur suivi et les accompagne dans la maladie.
Il a vu la qualité du soin s'améliorer et les techniques évoluer. Pour autant, malgré trois décennies passées auprès de personnes atteintes de maladies chroniques, il assure « qu'il ne s'est pas blindé avec les années » et qu'annoncer une nouvelle lourde de conséquences reste un moment difficile à vivre.
C'est un service que peu connaissent. Mais que certains patients, en se soumettant à la dialyse ou au suivi de l'équipe médicale, fréquentent de manière très régulière... « Nous avons affaire ici à des maladies rares, mais pas si rares que ça », sourit le Dr Bataille. Le service néphrologie dialyse de l'hôpital compte plus d'une centaine de personnels de soins et 9 médecins. À sa tête, Pierre Bataille, Boulonnais de 60 ans.
Dans le bureau du praticien, de multiples ouvrages médicaux, parfois rédigés en anglais. Pierre Bataille exerce au sein de l'hôpital depuis 30 ans. Ses patients sont des personnes atteintes de maladies rénales ou plus générales. Hypertension artérielle, VIH, diabète... Des maladies chroniques, qui exigent des traitements souvent lourds et contraignants. Et notamment l'hémodialyse, l'une des techniques utilisées lorsque le rein du patient n'élimine plus les déchets accumulés dans son corps. « L'hémodialyse, qui permet une épuration extra rénale, exige des patients qu'ils se soumettent à trois séances hebdomadaires de 5 heures chacune ». Un traitement conséquent et contraignant en terme d'heures passées dans le service.

La greffe, le Graal
Mais, pour les patients qui ont recours à la dialyse, la transplantation reste en perspective. La greffe de rein apparaît comme le graal, une pause de quelques années dans un quotidien ponctué de traitements et de suivis. « Au sein de ce service, la notion de guérison doit être prise avec précaution : l'équipe du service s'attache à permettre aux patients de vivre au mieux avec leurs maux », précise le médecin.
De l'attente, de l'espoir, parfois des désillusions lorsqu'aucune transplantation n'est en vue... Les médecins et personnels de soins du service s'efforcent de trouver les mots pour accompagner du mieux possible les malades. Et créent un lien spécifique avec ces patients qui ne "guériront" jamais vraiment. « Pour la grande majorité des patients, il y a un temps d'acceptation du traitement : certains peuvent rester de nombreuses sous dialyse, précise le dr Bataille. Lorsque l'on voit l'état d'un patient se dégrader, sans perspective de greffe, c'est difficile de le faire comprendre aux familles. Beaucoup ne veulent pas l'admettre ». Certains patients, de par leur état, ne sont pas capables de supporter une transplantation. Des constatations, bilans et informations difficiles à formuler aux patients et à leur famille. « Annoncer une mauvaise nouvelle, même après 30 ans de métier, reste très lourd, assure le spécialiste. On ne peut pas prendre la douleur. Juste ressentir beaucoup d'empathie ».

« Des greffés qui deviennent parents »
Le médecin trouve cependant nombre de satisfactions à diriger ce service en particulier. « J'assure le suivi de certains patients depuis plusieurs années, explique le spécialiste. J'ai vu des greffés devenir parents. Je vois les malades évoluer, avancer. Des liens très particuliers se créent ». Au-delà, en interne, le médecin assure pouvoir se reposer sur une équipe solide. « J'ai la chance de travailler avec des personnes qui s'investissent beaucoup. L'équipe du centre est soudée, assure-t-il. Et c'est nécessaire pour faire face au quotidien ».
Si l'activité professionnelle de Pierre Bataille est basée sur le suivi des patients, ainsi que sur la connaissance et la mise en application des techniques de soin, elle comporte également un volet recherche. Le spécialiste se documente quotidiennement et se rend une fois par an aux États Unis pour le congrès international de néphrologie. Il est également secrétaire de la société nationale de néphrologie. En résumé, la fonction de Pierre Bataille représente un pan important de sa vie. Pour autant, et même s'il s'investit dans un métier qui lui apporte beaucoup, il explique que quelques pauses hebdomadaires sont nécessaires. « Je n'ai besoin que de très peu d'heures de sommeil, explique le praticien. Chaque soir, je lis. Cela me permet de me vider l'esprit. Et chaque dimanche matin est réservé à l'activité physique ».
Entre son activité professionnelle, ses recherches et ses moments de décompression, Pierre Bataille semble avoir trouvé son équilibre. Un équilibre qu'il met au service de ses malades et de la recherche, pour permettre aux patients de vivre mieux avec la maladie.

Sylvia FLAHAUT


Un cas : Un retraité pionnier a fait l'histoire médicale en devenant plus longue survie des patients de greffe de rein en Grande-Bretagne après la chirurgie il ya 42 ans .
Grand-mère de deux enfants, Anne Whiteman , 67 ans, a été l'une des premières personnes au Royaume-Uni à avoir la greffe en 1968 quand elle avait 25 ans.
Les chirurgiens lui a dit à l'époque que le rein ne durerait pendant 10 ans avant qu'il ne permettrait pas et doit être remplacé une fois de plus .
Mais 42 ans plus tard , elle est toujours aussi fort avec le même rein et n'a jamais eu de problème depuis l'orgue a été acceptée .
Mme Whiteman a célébré aujourd'hui l' anniversaire du jour de la greffe - sa «deuxième anniversaire .
Elle dit: « Je n'aurais jamais imaginé que mon rein durera pendant toutes ces années , mais j'ai une fille et deux petits-enfants merveilleux , que je l'ai vu grandir.
« J'ai sauté sur l'occasion pour prendre le rein lorsque les médecins proposés. Après dix ans de contrôles réguliers , le rein était très bien, et il a continué à aller depuis.
«Je détestais être branché à une machine - ce n'était pas comme rénaux machines de dialyse que vous voyez maintenant , c'était la taille d'une machine à laver et fit grand bruit .
«Quand je suis descendu de la machine, je me sentirais OK pour un couple d'heures mais ensuite je me sens mal à nouveau jusqu'à ce que je suis retourné sur la machine.
«Je me suis senti mal tout le temps et ne pouvait pas faire face à l' idée de passer par cela pour le reste de ma vie.
« Après la greffe , j'avais tellement d'énergie et je me sentais absolument merveilleux. Toute la fatigue avait disparu et j'ai pu profiter de la vie avec Arthur et notre fille.
«Je marquer l'occasion , chaque année à l'Halloween - c'est une nouvelle deuxième anniversaire quand on m'a donné une seconde vie . L'infirmière auxiliaire à la retraite qui vit avec son mari Arthur , 73 ans, à Bristol, a été la première personne dans le Sud-Ouest de l'Angleterre de se soumettre à la nouvelle procédure.
Mme Whiteman a commencé à éprouver des problèmes de reins en fin de son adolescence quand elle sentit fatigué et sans énergie .
Elle a épousé Arthur en 1963 et a finalement été diagnostiqué avec une insuffisance rénale trois ans après la naissance de sa fille Tracey en 1965.
Médecins enlevé ses deux reins qui avait rétréci à la taille d'une noix , et elle a été placée sous dialyse trois fois par semaine .